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Un goût de cannelle et d’espoir – Sarah McCoy

Publié le par Véronique B.

Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l'armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance. Jusqu'à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps... 


Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie allemande, celle d'Elsie... Et le reportage qu'elle prépare n'est rien en comparaison de la leçon de vie qu'elle s'apprête à recevoir.

L'avis des Incorrigibles

Note sur 5 : * * * * *

Un roman très émouvant, qui relate l’histoire de la famille Schmidt, boulanger, en 1944, en Allemagne et également l’histoire de Reba Adams au Texas en 2007. Le passé se mêle au présent. Tout part du fait que Reba doit écrire une chronique sur les fêtes de noël dans les autres pays. La pâtisserie allemande d’Elsie, au Texas, est la boutique rêver pour Reba. De là naît leur rencontre et découle le roman.

Bien sûr beaucoup de romans ont déjà été écrits sur ce qui s’est passé pendant la 2ème guerre mondiale. Mais on en apprend tous les jours. Là, j’ai découvert ce qu’étaient les « Lebensborn »…

Il n’y aura jamais assez de romans sur cette période pour ne pas oublier et surtout pour que cela ne se renouvelle pas, surtout en ces temps troubles.

Page 149

… De plus mon corps est encore gonflé après les jumeaux, et je veux que la robe tombe bien. L’association me conseille de les sevrer tôt. J’espère que cela les aidera.

La fille se porte à merveille, rose et potelée comme un chérubin. Le garçon en revanche, ne se développe pas aussi vite qu’espéré. Il est plus petit que la moyenne, mais de bonne composition. Il ne pleure jamais ni ne geint comme sa sœur. Les infirmières disent qu’il reste allongé toute la journée dans son berceau sans rien dire et parfois elles en oublient sa présence. Pendant l’allaitement, la fille avale pratiquement tout ce que j’ai à donner, alors que le garçon s’endort presque tout de suite au sein. Ils sont si différents. Difficile de croire qu’ils ont partagé le même utérus. Les médecins se font du souci pour le garçon. Même si je sais qu’il n’est pas à moi, mais et un enfant de la patrie, je ne peux m’empêcher de vouloir le protéger. Je sens tous les os de son petit corps quand je le tiens dans mes bras. Je l’ai appelé Freidhelm en attendant qu’il soit assez fort pour que l’association le rebaptise.

Je suis désolée d’apprendre qu’un juif a gâché votre noël. Dans quelle époque terrible vivons-nous ! Des nouvelles des Ardennes nous sont arrivées avec la disparition de bon nombre des pères de notre association. Plusieurs autres Lebensborn ont été fermés, et les enfants ont été amenés ici. Je partage désormais une chambre avec une mère du Luxembourg nommée Cata et une de Stuttgart, Brigette. Cate est nouvelle à Steinhöring, mais Brigette est ici depuis l’ouverture de l’association.

Lauréate de la croix d’argent l’année dernière pour sa grande fertilité, elle est une des favorites de beaucoup d’officiers SS admirés. Elle a donné naissance à sept enfants parfaits et elle les appelle par un numéro plutôt que par leur nom. Je ne sais pas si c’et parce cela lui fait de la peine d’utiliser leur prénom ou si c’est parce qu’elle est entièrement dévouée à la cause. Brigette avait la plus grande chambre de toute l’enceinte avant, mais elle a été transformée en pouponnière pour les nouveaux enfants.

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