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Comment j’ai rencontré les poissons – Ota PAVEL

Publié le par Véronique B.

Les poignantes mais souvent joyeuses histoires de ce livre composent la tendre chronique d’un homme qui se souvient de son père, génial représentant de commerce et grand amoureux de la pêche, géant captivant et charmeur aux yeux de l’enfant qu’il était. Elles commencent simplement, par ce regard de l’enfance, puis elles se développent pour illustrer la prise de conscience d’un garçon qui grandit et observe le monde autour de lui. Et si elles reconstituent l’histoire de sa famille, avec en arrière-plan celle de l’Europe centrale, elles sont en réalité beaucoup plus que cela : de touchantes méditations sur la vie et la survie, la mort et la mémoire, l’humour, la justice et la compassion.
Classique de la littérature tchèque et déjà traduit dans de nombreux pays, de la Pologne à l’Italie, de l’Espagne aux États-Unis en passant par Israël, Comment j’ai rencontré les poissons, largement autobiographique, n’avait encore jamais été traduit en français. Il est un des livres préférés de l’écrivain et journaliste polonais Mariusz Szczygieł, auteur de la préface.
Paru dans une première version en 1973, il a été complété, lors de ses nombreuses rééditions, d’autres histoires écrites par Ota Pavel. Cette traduction réunit un certain nombre de celles qui composent les recueils connus sous les titres La Mort des beaux chevreuils et Comment j’ai rencontré les poissons. Elle offre ainsi aux lecteurs français le plaisir de découvrir une œuvre dont l’humour et l’originalité ont permis à Ota Pavel de devenir un classique dans son pays, au même titre que Jaroslav Hasek et Bohumil Hrabal.

L'avis des Incorrigibles

Note sur 5 : * * * * *

Ota PAVEL se réfugie dans son enfance pour échapper à la grave dépression qui l’étreint, après avoir été insulté. Son frère Hugo a raconté ce qui s’était passé : « En 1964, Ota était reporter sportif. À Innsbruck, il y a eu un cafouillage et l’équipe tchèque de hockey sur glace a terminé avec la médaille de bronze. Ota a rejoint les joueurs dans les vestiaires et quand il a dit que la troisième place, ce n’était pas si mal, un des joueurs a hurlé “Toi, le Juif, va te faire gazer !” Cela a vraiment touché Ota, qui a commencé à voir Hitler, Eichmann et Kaltenbrunner. Les horreurs de son enfance sont remontées à la surface. Ota a quitté les vestiaires et il a eu sa première attaque. Parti dans les collines, il a mis le feu à une grange en sauvant tous les animaux. Les Autrichiens l’ont trouvé et l’ont transporté dans un établissement psychiatrique. »

Jusqu’à sa mort par crise cardiaque, neuf ans plus tard, le 31 mars 1973, Ota Pavel sera hospitalisé seize fois pour sa dépression.

Lors de ses hospitalisations, de manière joyeuse et humoristique, il se met à écrire, il raconte son enfance, son amour pour ses parents, notamment son père qui était, dans un premier temps, commercial. Et surtout les parties joyeuses de pêche, les étangs, les rivières, les poissons. Il y trouvera un exutoire.

Ota PAVEL évoque, en filigrane, les bouleversements dû à l’époque, la guerre, le nazisme, les camps où seront internés dans un premier temps, ses deux frères et ensuite son père, la faim, la peur, la survie.

Un très beau témoignage où la haine est écartée.

Un petit mot pour saluer la maison d’édition « do » qui s’est spécialisée dans la traduction d’œuvres étrangères et que je découvre à travers ce livre.

 

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