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Nulle part sur la terre – Michael Farris Smith

Publié le par Véronique B.

 Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent. 

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil. 

On a envie de comparer Michael Farris Smith à Sam Shepard ou à Cormac McCarthy, tant on a besoin de repères quand on assiste à la naissance d’un écrivain majeur. Ce serait faire erreur. Michael Farris Smith possède en effet un style et un talent d’évocation totalement singuliers qui vont droit au cœur du lecteur. Avec ces personnages qui s’accrochent à la vie envers et contre tout, il nous offre un magnifique roman sur la condition humaine, qui ne quittera pas nos esprits avant longtemps. 

Michael Farris Smith vit à Oxford, Mississippi. Après Une pluie sans fin (Super 8 éditions, 2015), Nulle part sur la terre est son deuxième roman. 

L'avis des Incorrigibles

Note sur 5 : * * * * *

« Nulle part sur la terre » raconte l’histoire de deux personnes fracassées par la vie. Celle de Maben qui vit en nomade, avec sa petite fille, Annalee. Elles ne souhaitent qu’un peu de répit. Et celle de Russel qui sort de prison après avoir purgé une peine de 11  ans.

Alors qu’elle erre sur les routes à la recherche d’un abri avec sa fille, Maben n’en finit pas d’aller d’embêtement en embêtement. Elle s’enfonce et ne voit pas le bout de ses mésaventures.

Quant à Russel, dès sa sortie de prison, il est attendu… Par son père, mais également par Larry et Walt qui ne pensent qu’à une chose : se venger, faire mal.

Un lien unit les deux personnages. Quel est-il ? Arriveront-ils à surmonter un jour leurs problèmes ? Personne ne sort indemne dans cette histoire. 

A travers ce roman, on est loin de l’Eldorado que semble promettre les Etats-Unis.

J’ai beaucoup aimé cette histoire. Le seul bémol, c’est l’emploi de la conjonction de coordination ET à quasiment chacune des phrases du roman et plusieurs fois dans chaque phrase. Ca a complètement déstabilisé ma lecture ! J’ai lutter pour faire abstraction de ces ET qui viennent alourdir, inutilement et sans raison l’écriture. J’ai même pensé que c’était une erreur, soit de traduction, soit d’impression.

Extrait : « Il hocha la tête ET ajouta qu’il aurait aimé pouvoir lui donner plus, mais elle lui dit que c’était déjà beaucoup. Elle souleva le sac, prit la fillette par la main ET le remercia encore en esquissant un sourire ET il leur tint la porte quand elles entrèrent dans la cafétéria. Il les regarda par la vitre. Il y avait un comptoir ET une rangée de tabourets de bar sur la droite ET la petite fille pianota du bout des doigts sur chacun des tabourets en passant ET la femme laissa tomber au sol son sac-poubelle ET continua d’avancer en le traînant sur le linoléum. Il continua de la suivre des yeux tandis qu’une serveuse les escortait jusqu’à une table près de la fenêtre ET il faillit alors entrer à son tour, pour leur donner son numéro de téléphone, dire à la femme qu’elle pouvait l’appeler si jamais on ne venait pas les chercher comme prévu ET qu’il ferait son possible pour les aider. Mais il se ravisa. Remonta dans la Buick ET fit demi-tour ET, arrivé chez lui, il se gara sous l’auvent avant d’entrer dans la maison où il retrouverait sa femme à la table de la cuisine. Il lui parlerait de la femme ET de la gamine ET quand elle voudrait savoir ce qu’il fichait d’abord sur la route de Louisiane, il n’en aurait aucune idée. »

C’est comme ça tout au long du livre. Dommage. Pour moi, ce n’est pas français ! C’est pour cela que je ne mets que 2 étoiles. J’ai quand même été jusqu’au bout de l’histoire, malgré ces ET parce que l’auteur m’a tenu en haleine.

Je remercie les éditions Sonatine et Babelio qui m’ont permis de découvrir ce livre par le biais d’une masse critique privilégiée.

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