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Nous rêvions juste de Liberté - Henri LOEVENBRUCK

Publié le par Véronique B.

Providence, le grand nul part.

La bande d'Hugo, dit Bohem, s'englue dans un avenir opaque. Pour s'en affranchir, vivants et libres, ces rêveurs intrépides entreprennent une traversée du pays qui n'épargnera rien ni personne. Guidant leur devoir d'insoumission, trois valeurs tutélaires : loyauté, honneur et respect.

Sur la route, Bohem et les siens feront l'expérience de la vie, splendide et décadente. A la fin du voyage, au bout de l'initiation, un horizon : la liberté.

"Jusqu'où iriez-vous par amour de la liberté ?"

L'avis des Incorrigibles

Note sur 5 : *****

Je suis complétement sonnée, groggy, scotchée ! Je viens de finir ce polar. Si j’ai un conseil à vous donner, si ce n’est pas déjà fait, lâcher tout ce que vous êtes en train de faire, aller chez votre libraire et jetez-vous sur ce livre.

LH&R, trois mots qui résument parfaitement ce livre. Et vous, jusqu’où iriez-vous pour la Liberté ? Un des meilleurs livres que j’ai lu depuis le début de l’année.

Je dois un grand merci à Lehane-Fan et à Tostaky61 pour leurs critiques qui m’ont donné envie de lire ce livre, ainsi qu’à Fannyvincent, qui me l’a également conseillé. Et bien sûr à Babelio d’exister.

Je dois vous laisser… J’ai les larmes aux yeux et la gorge serrée.

Page 166
En prison, plus l’heure de la sortie approchait, plus les heures sont longues. A cahque seconde, vous pensez plus qu’à ça, à la délivrance, vous pensez au soleil, au vent, vous pensez à l’inconnu – parce qu’en prison il y a pas d’inconnu, tout est programmé, c’est ça l’absence de liberté – et alors les minutes sont remplies d’impatience, et vous auriez envie qu’un coup de baguette magique vous balance dans le futur une bonne fois pour toutes, parce que vous vous croyez déjà dehors, sauf que vous devez attendre quand même.

Chaque jour, vous savez qui, parmi les détenus, va sortir. Et même si vous le savez pas, vous le devinez rien qu’à la gueule du type. Moi, quand mon tour est venu, c’était un mystère pour personne, et je voyais bien que ça faisait dans le regard de certains un drôle de mélange, entre la joie partagée et la jalousie qui rend mélancolique.
Mon dernier repas, je l’ai pris avec les 1%, et je sais pas s’ils se sont forcés pour me faire plaisir, mais je vous jure qu’ils étaient tous vachement enjoués, un peu comme si j’étais leur petit frère et d’ailleurs c’était presque ça. Après le dessert, Pat il m’a pris le bras, il m’a forcé à mettre la main sous la table et il m’a glissé dans la paume ce qui ressemblait à une petite plaque en métal.

- C’est quoi ? J’ai demandé comme je pouvais pas regarder tout de suite.
- Un cadeau.
- Un cadeau ?
- Un truc à mettre sur ta bécane quand tu seras dehors, en souvenir de nous.
- C’est le symbole 1% ? j’ai dit, un peu vite.
Pat a rigolé
- Non. Rêve pas ! Ca ça se mérite, gamin.
- Alors c’est quoi ? j’ai insité.
- Une plaque avec gravé « LH&R » dessus.
- Et ça veut dire quoi ?
Il s’est levé, il ma tapé sur l’épaule, et il m’a chuchoté à l’oreille :
- Loyauté, Honneur et Respect
Et puis ils sont partis. Comme ça, sans un mot de plus.
LH&R, Loyauté, Honneur et Respect. Les trois mots m’ont plus jamais quitté.

Page 463
Et alors que le pays de poussière défilait sous mes roues, c’était comme si tout devenait clair, maintenant. Freddy était celui qui m’avait appris la liberté, appris la confiance du dedans, et moi je m’étais forgé sous ses yeux, guidé par l’image qu’il me donnait de ce que je pouvais devenir, j’étais comme un foutu moineau qu’il avait sorti d’une cage et qu’il avait laissé s’envoler pour qu’il grandisse comme un aigle dans le vent qui sent bon la liberté. C’était comme si notre rupture, même, prenait tout son sens, et que Freddy m’avait laissé me brûler au feu de l’expérience, pour que la vérité m’apparaisse enfin sous les cendres. Aujourd’hui, je comprenais. Je nous comprenais. Je comprenais qu’il n’y avait rien de plus précieux que l’amitié pure, celle qui n’a ni décor ni manières, celle qui ne roule ni devant ni derrière, mais à côté.

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