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Enfance poudrée

Publié le par Anne R

C'est une gamine affranchie de 8 ans qui observe ici avec naïveté et férocité mêlées, humour et tendresse, les bas-fonds où survivent les junkies du genre de son père jazzman, dans le Hollywood libre à crever des années 1970. Et sous son oeil jamais misérabiliste, jamais dupe, la descente aux enfers de la drogue, de la prostitution, de la déchéance devient étrange, enfantine et tragique tout ensemble. Découpée en chapitres courts et vifs, diablement rythmés, qui lui donnent des allures de série...

Rejetonne de Joe Albany, pionnier du be-bop et ­partenaire au piano de Charlie Parker et Chet ­Baker, tôt abandonnée par sa mère Sheila — l'irrésistible dernier amour d'Allen Ginsberg, toujours défoncée elle aussi —, l'indépendante et solitaire Amy Jo survit comme elle peut dans le monde obsédé de musique, de danse et de paradis artificiels, où l'entraîne jusqu'à l'âge de 15 ans son irresponsable père. Qu'elle vénère et qui l'adore. Elle y côtoie l'horrible et le magique, l'absolue détresse et les vertiges de la création.

D'inceste (avec son oncle) en vols, de drogue en sexualité violente, Amy Jo s'est construit dans le pire. Mais au-delà du climat de polar ou de méchant film noir de sa fascinante auto­biographie, de ses confessions drôles et sans concession, l'hommage éperdu qu'elle rend au père surdoué et volage est bouleversant.

Par-delà le témoi­gnage brutal (et passionnant) sur le Hollywood jazzy et désenchanté des sixties et des seventies, l'histoire d'amour — de tout type d'amour — finit alors étrangement par l'emporter...

L'avis des Incorrigibles

Anne R

Note sur 5 : * * * * *

J’avais ADORE Fairyland d'Alysia Abbot, du coup il n’y avait pas de raison que je ne lise pas Jazz, came et autres contes de la princesse Be-Bop d’Amy-Jo Albany.

Les 2 histoires sont plus ou moins similaires. L’histoire de fillettes élevées par des pères célibataires, pères artistes de préférence. L’univers de la poésie pour l’une et la folie du jazz pour l’autre. Et toujours l’Amérique des années 60-70 en arrière plan.

Dans les deux récits on ressent l’amour père/fille, le père figure héroïque. Même si la vie est difficile le père est là protecteur et attentionné.

Mais la réalité est plus dure, plus violente à mes yeux dans la princesse Be-Bop. Amy-Jo est très souvent livrée à elle-même dans les rues de Los Angeles. Elle est seule, toujours seule. Et l’aspect consommation de drogue me parait plus sordide que dans Fayriland.

L’écriture est différente également, chez la princesse c’est plutôt des tranches de vie, des petites chroniques qui se succèdent et qui forment un tout.

Je n'ai peut être pas versé ma larme en lisant la princesse Be-Bop, mais j'ai ressenti beaucoup de tendresse pour elle et son père. Une autobiographie émouvante.

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